b. 1997, Sherbrooke, QC.
Basée à Montréal, QC.
Sarah Cloutier est une artiste peintre orientant ses recherches vers l’insensé devenu normal. En étudiant les enjeux liés à l’ère du numérique, telle la dépendance à la surstimulation des écrans et la passivité conditionnée du regard sous l’effet de la circulation exponentielle des images, elle interroge nos modes de vie actuels. En naviguant le bagage iconographique qu’est la peinture, son travail fait entrer le présent, vécu et senti, en dialogue avec l’histoire de l’art, passée et construite. Ses peintures figuratives s’adressent à l’aliénation du corps et de la pensée en contexte d’économie de l’attention, d’hyper-productivité et d’accélération.


Basée à Montréal et originaire de Sherbrooke, elle est diplômée de la maîtrise en arts visuels et médiatiques à l’UQAM (2025) et du baccalauréat en arts visuels à l’Université Concordia (2022) avec une mineure en sociologie. Son travail a fait l’objet de deux expositions solos : Continuum (2025) à la galerie Fais-moi l’art, et Décélérer le regard par la peinture à l’ère de l’instantanéité (2024) au Centre d’artistes Agrégat.
Intéressée par le rôle de la peinture dans l’espace public, elle remporte le premier concours Prochaine station, par Astral média, à la station Berri-UQAM (2025). Puis, elle organise à titre d’artiste-commissaire l’exposition Chlorophylle et mélanine (2024-2025) à la Place du marché Atwater. Ses œuvres ont également fait partie de plusieurs expositions collectives dont Côté Jardin – Exposition bénéfice (2025), chez CIRCA, Rêveries chromatiques (2024) à la galerie JANO, Peinture fraîche et nouvelle construction (2024) à la galerie Art Mûr, Travaux en cours (2024) à l’École Supérieure d’art et design de Saint-Étienne en France, et le projet d’art public du REM – Programme UniR (2023).
Démarche artistique
Mon travail explore le rôle de la peinture dans la distanciation critique vis-à-vis le quotidien absurde devenu banal. S’associant à la tradition du réalisme issu du XIXe siècle priorisant la prise de conscience par la peinture, ma recherche est guidée par un désir de représenter la réalité humaine à l’ère du numérique.
Mes peintures répondent à la surstimulation des écrans, se réappropriant la circulation de masse des images numériques en lui donnant une dimension matérielle, empressée et critique. Je me demande : que nous veut donc ce flux infini d’images et comment la peinture peut-elle le faire muter ? En ouvrant le dialogue avec l’histoire de la peinture et les structures derrière l’image, qu’elle soit peinte ou numérique, j’interroge notre position de spectateur-voyeur debout devant le tableau, désormais assis devant l’écran. J’explore des postures familières d’aujourd’hui, tels les corps désarticulés autour de l’extension de leur main qu’est le téléphone intelligent, dans des environnements surchargés. En y ajoutant des couleurs attirantes, familières, et des compositions à la fois classiques et modernes, j’attire le regard et le confine. Des corps se multiplient, s’entrecroisent et se transforment au rythme de l’environnement dans lequel ils baignent. Cet environnement varie entre espace urbain reconfiguré, telle une station de métro déconstruite, et une nature verdoyante, mythe d’un paradis fertile. Tous les personnages se positionnent dans un inconfort confortable. Leur inscription dans l’espace de la toile les rend à la fois immuable et en continuel mouvement, écho de notre mode de vie accéléré suscitant un sentiment d’impotence. L’amalgame de corps se transforme parfois, devenant ligne de structure, ramification d’une figure voisine ou encore sorte de monument désuet.
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