CONTINUUM

Fais-moi l’art, Montréal, janvier 2025.

Vues d’installation

L’accord tacite, 2025, huile et acrylique sur toile, 132×248.9 cm.
Comme si nous avions franchi un seuil, 2025, huile et acrylique sur toile, 154.9×259 cm.
Bleuissons-nous sous les néons, 2025, huile sur toile, 154.9×259 cm.
Retouché.e, 2024, acrylique sur toile, 76.4 x 91.4 cm
Foule verte, 2024, huile sur toile, 121.9×152.8 cm.
Le spectacle, 2025, huile sur toile, 45.7 x 60.9 cm
Les chemins du déni, 2024, huile, acrylique et pastels sur toile, 60.9 x 121.9 cm
Redoutons les victuailles, 2024, huile et acrylique sur toile, 60.9×91.4 cm.

En tant que peintre à l’ère du numérique, je cherche différentes manières d’inviter le regard à ralentir et à critiquer ce qu’il voit par l’intermédiaire de la peinture. En quoi la matérialité de la peinture permet-elle de contrer les effets de l’économie du visible numérique? Comment agir en tant que créatrice d’images abolissant le dualisme numérique ? Vis-à-vis ces enjeux, en quoi le fait de recontextualiser les représentations du corps issues de l’histoire de la peinture européenne permet-il d’interroger les biais eurocentrés, patriarcaux, masculins, hétéronormatifs et sexistes qui structurent encore aujourd’hui la culture visuelle? Pourquoi ces biais structurent-ils encore nos images, même celles dites jetables, anodines ? Comment faire bifurquer, voire parasiter ces manières de construire des images?

Dans cette recherche-création, j’examine tour à tour trois postures : celle de voyeuse, de voleuse et de mutante. [Voyeuse] j’épie les gens, j’absorbe le flux visuel circulant sur les réseaux sociaux (Instagram, Meta, YouTube) et je parcours les sites de diffusion en continu fréquentés à profusion (Netflix, Crave, Porn Hub) : je cherche la répétition des corps, les codes du dévoilement de la chair, l’ancrage des standards occidentaux. Puis [voleuse], je m’approprie et je détourne les images sélectionnées. Je crée des liens entre elles par le traitement de la matière. Je les fusionne et [mutante] je cherche à créer des amalgames métamorphosés. Tout en étant ancrée dans l’observation du réel, j’utilise la peinture, son potentiel de fiction et ses effets du hasard par la matière pour déconditionner le regard en société de contrôle, d’accélération, de productivité et d’hyperconnectivité.