Voyeuse, voleuse, mutante : Décélérer le regard par la peinture à l’ère de l’instantanéité

Exposition solo présentée au Centre d’artistes Agrégat, Longueuil – atrium de l’Université de Sherbrooke. Août 2024

Métamorphosis, 2024, huile sur toile, 91.4×121.9 cm.

Quand nos corps, 2024, huile sur toile, 121.9×121.9 cm.

Rivés à l’écran, 2023, huile et acrylique sur toile, 121.9×60.9 cm.

De Rubens à Mindgeek à Dall-e, 2023, huile et acrylique sur toile, 76.2×152.4 cm.

« Qu’est-ce que tu r’gardes? – Rien. Toi? », 2023, huile et acrylique sur toile, 91.4×121.9 cm.

VOYEUSE, VOLEUSE, MUTANTE

À l’ère du numérique et de l’instantanéité, je m’intéresse à nos corps penchés, à nos cervicales écrasées, à nos regards fixés aux écrans. Ce regard subjugué, surstimulé, desséché. Les écrans maquillent nos yeux de plaisirs instantanés, d’accumulation, de cernes, de productivité anxiogène. Quelles sont les effets de ce flux d’images sur le regard, sur l’attention et sur la manière de composer une peinture?

Je cherche donc à comprendre les phénomènes liés à la circulation exponentielle des images en ligne en positionnant l’image à la source de mon processus de création. Étant matérielle et numérique, historique et actuelle, biaisée, fictive, réelle, doctrinaire, futile, déconstruite et recontextualisée, elle défile infatigablement sous nos doigts. Et je la transforme, l’amalgame, la parasite, l’entrelace avec des images de différentes sources et mon imagination. C’est dans la fabrication de cette image transformée par le dessin, le collage, puis la peinture que je fais corps avec sa matérialité, son instabilité et sa capacité à véhiculer une multiplicité de points de vue. En y ajoutant le rôle de l’imaginaire et de la fiction comme moyen de spéculation, comment la peinture peut-elle déconditionner le regard dans un monde où tout est contrôlé, calculé et prévisible?